Après mes deux années à l’école des sœurs, je passai à la communale. Sur la place de la mairie, c’était une école typique du style Jules Ferry, en meulière dorée avec un préau qui servait à la fois pour la cantine et la gymnastique et une cour plantée de marronniers.

Mais nous étions à l’époque du baby-boom et quelques bâtiments préfabriqués avaient été ajoutés sur deux côtés de la cour afin d’accueillir davantage d’enfants. Je devais y passer deux ans, avant d’obtenir le privilège d’être installée dans une classe « en dur » à grandes fenêtres et hauts plafonds. Ce n’était pas très grave, et même j’aimais ces maisonnettes préfabriquées, qui me paraissaient agréablement intimes par rapport aux longues salles de l’école des sœurs.

J’entrais donc à la communale en 10ème avec un an d’avance. Après la discipline sans bienveillance de l’école des sœurs, il me semblait qu’un vent frais soufflait sur cette nouvelle école. Oh, là non plus on ne plaisantait pas ! Mais la salle de classe était plus claire, les tabliers plus divers, les récréations plus libres et bruyantes. Oui, j’allais somme toute être assez heureuse, à la communale.