Plus que mon tablier m’importaient mes fournitures scolaires. Il y avait d’abord le cartable, généralement en carton bouilli,  solide et peu coûteux. Tous étaient à peu près identiques,  seule la couleur différait ; et encore, nous avions surtout le choix entre le bleu et le rouge, couleurs dont nous les filles étions aussi le plus souvent habillées. Mon propre cartable, du moins celui dont je me souviens, était bleu.

Ensuite il y avait le plumier. C’était une sorte de boîte allongée, en bois, fermée par un couvercle coulissant orné d’une image. On y rangeait en vrac les fournitures nécessaires pour écrire : les crayons à papier et le taille-crayon, les crayons de couleur et la gomme. Dans les petites classes, il n’y avait pas encore de porte-plume mais un « crayon d’ardoise » : dans un porte-crayon de métal doré s’enchâssait un bâton de craie long et fin qui crissait sur l’ardoise, se cassait si l’on appuyait trop, mais se remplaçait aisément.

Parmi les fournitures, nous avions aussi un petit pot de colle blanche dont je humais avec délice l’odeur d’amande amère. De temps à autre il m’arrivait même d’en lécher un peu !  J’aimais aussi la petite palette en plastique rangée dans le pot, qui permettait d’étaler la colle sur les surfaces à assembler.