Nous fêtions Noël le 24 décembre au soir. En prévision de la veillée, l’après-midi j’avais obligation de faire la sieste. Ah ces siestes du jour de Noël ! J’étais bien entendu trop excitée pour dormir, ou pour même seulement me tenir tranquille ! Je me retournais encore et encore sur mon lit, imaginant la magique soirée et guettant le moment où la voix de Maman viendrait me délivrer.

Venait enfin l’heure de s’habiller. Maman me passait une jolie robe, peignait soigneusement mes longs cheveux, y accrochait un ruban et ornait mon cou d’une chaînette terminée par une croix en or. C’en était trop, je n’en pouvais plus. A chaque instant je croyais avoir entendu le tintement léger de la clochette du sapin, annonçant que le Père Noël avait achevé sa besogne. Je me tortillais et m'échappais sans cesse, me précipitant vers l’escalier. Hélas, une main me rattrapait par le fond de la culotte et m’intimait un retour immédiat vers ma chambre !

Et soudain, c’était le vrai moment. La clochette avait tinté pour de bon. Papa ouvrait la porte du salon et je pouvais enfin dévaler l’escalier et m’arrêter, muette, devant le grand sapin tout illuminé, au pied garni de gros paquets enrubannés.