Voici que j’avais atteint mes sept ans, l’âge de raison me disait-on.  Je passai en 9ème, avec Madame Pagès, dont la classe était également dans l’un des bâtiments préfabriqués.

Madame Pagès était brune et souriante, plutôt sympathique. Œil vif et museau mobile, je lui trouvais même une ressemblance avec mon cochon d’Inde ! Elle nous distribuait assez facilement des bons points contrairement à Madame Quivigère qui en était avare. Grand-Maman m’avait donné une ancienne boîte métallique de pastilles Luchon, où j’enfermais soigneusement mes images et mes bons points. En échange de dix bons points, la maîtresse nous donnait en effet une image, et en échange de dix petites images, une grande. En réalité, nous préférions souvent  conserver nos  petites images, que nous emportions avec nous à la récréation pour les comparer longuement avec celles de nos compagnes.

De cette année-là, je me rappelle surtout les « leçons de choses ». Les choses en question étaient aussi hétéroclites que le marronnier, le lapin, la plume, la neige, la pomme et l’orage… J’étais de toute façon avide d’absorber ce savoir neuf, concernant des choses vivantes ou non. Ces leçons étaient illustrées par de grands panneaux pédagogiques qui me fascinaient. Nous devions en reproduire certaines illustrations sur notre « cahier de choses » et j’aimais beaucoup m’appliquer à faire de beaux dessins ornés de « légendes ».

 

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