Kiki et Catherine, mes voisins de gauche, avaient d’inépuisables provisions de jouets, de livres et aussi d’illustrés. C’est chez eux que je découvris les aventures de Sylvain et Sylvette.

Héros d’une bande dessinée naïve, Sylvain et Sylvette étaient deux enfants qui vivaient seuls, sans leurs parents. Je crois bien que c’était cette caractéristique qui me fascinait le plus. Je m’identifiais à eux et imaginais comment je pourrais bien me débrouiller si je devais vivre sans adultes.

Seuls, donc, s’épaulant juste l’un l’autre, ils devaient non seulement subvenir à leurs besoins, mais faire face à une redoutable bande d’animaux, composée d’un loup, d’un renard et d’un sanglier. A la force brute de ces trois compères, Sylvain et Sylvette opposaient les ressources de leur inventivité et finissaient toujours par triompher. Sylvette était une brunette bouclée, portant des bas rayés et un fichu rouge, petite ménagère accomplie qui cueillait des champignons dans la forêt et savait les accommoder. Sylvain portait un bonnet de meunier, était habile de ses mains et savait fabriquer toute sortes d’objets.

Lorsque j’étais invitée chez Kiki et Catherine, je revenais immanquablement avec un album de Sylvain et Sylvette bien serré sous le bras, tandis que je me hâtais de tourner le coin de notre rue pour retrouver la chaleur bienfaisante de ma maison. Aussitôt arrivée, je me blottissais dans un coin et je m’évadais dans la lecture de ces albums bien-aimés, qui me procuraient d’étranges délices.

 

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