Il y avait les livres de la bibliothèque scolaire, puis il y avait les livres que Maman ou mon grand-père m’achetaient. Maman s’octroyait un droit de regard sur mes lectures, non pas dans un but de contrôle, mais tout simplement parce qu’elle prenait plaisir à lire mes livres, aussi les préférait-elle intéressants ! Je me laissais volontiers guider par elle, car elle avait le chic pour dénicher les titres les plus prometteurs.

-          Lis-le vite ! me disait-elle.

-          Ne t’inquiète pas, demain je l’aurai fini ! répondais-je, sachant Maman presque aussi impatiente que moi de se plonger dans le nouveau livre.

Avec mon grand-père régnait par contre la plus grande liberté. Rien ne m’était suggéré et je choisissais librement. Je devais avoir neuf ans lorsque je découvris le Club des Cinq. Ce fut le début d’aventures passionnantes que je vivais en compagnie de Claude, d’Annie, de Mick, de François et du brave chien Dagobert. Le suspense et un brin de peur me faisaient haleter et rien n’aurait pu me distraire jusqu’à ce j’aie tourné la dernière page, toujours trop vite venue. Je me souviens que Claude, l’intrépide garçon manqué, possédait une île en Bretagne et un petit canot pour y aller. J’étais envieuse et ébahie : comment une fillette pouvait-elle disposer ainsi d’une île enchantée où couraient les lapins ? Mais ces charmants animaux n’étaient pas les seuls à fréquenter l’îlot paradisiaque, des contrebandiers en avaient fait leur repaire… Suspense…