Il me semble que nous ne rentrions en classe que le premier octobre. C'était alors le temps des feuilles craquantes et des marrons luisants, encore à demi enfermés dans leur bogue verte hérissée. Les livres d'école parlaient de cours de récréation, de tabliers et de vendange. Une année, cela me donna même l'idée de faire fermenter du jus de raisin, afin de le transformer en vin. Je n'obtins qu'une affreuse mixture moisie !

Nous ramassions pour notre institutrice de larges feuilles dorées tombées des platanes de l'avenue. Je fourrais mon nez dans l'odeur de mon cartable neuf et dans mon petit pot de colle sentant l'amande amère. J'étais si jeune que je n'en étais pas encore au stade de prendre de bonnes résolutions. Non, je vivais ma rentrée, moment par moment, comme absorbant des goulées d'air frais et piquant. C'était l'automne, avec des odeurs de brûlé et de légers nuages blancs dans un ciel encore serein.